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Musique classique et opéra par Classissima

Serge Prokofiev

lundi 29 août 2016


Classiquenews.com - Articles

18 août

CD, compte rendu. Emil Gilels : récital de Seattle 1964 (1 cd Deutsche Grammophon)

Classiquenews.com - Articles CD, compte rendu. Emil Gilels : récital de Seattle 1964 (1 cd Deutsche Grammophon). Les crépitements nerveux, d’un feu énergique puissamment assumé, voire parfois vindicatif (ampleur orchestrale du jeu) affirme l’engagement de l’artiste chez Beethoven (Sonate n°21, énoncée avec une fougue électrique, d’une force diabolique). Son Chopin, plus emprunt de grâce et de vocalità (Variations sur Là ci darem la mano) ouvre d’autres champs plus intérieurs et presque oniriques, d’une ivresse absente chez le premier Beethoven. Quoique très vite, le pianiste plus déchainé qu’enivré, fait couler des torrents d’énergie dramatique là aussi impressionnante. Le pianiste de 48 ans (qui mourra en 1985), est au sommet de sa mûre expérience comme soliste et récitaliste. Le récital américain que réédite Deutsche Grammophon (pour le centenaire Gilels 2016 : il est né en octobre 1916) rend idéalement compte de son immense tempérament, carrure de lion et conteur irrésistible… alliant caresse et passion rageuse. C’est un monstre-interprète, virtuose des épisodes contrastés, d’une urgence enivrée quasi vertigineuse à suivre (le développement du motif mozartien chez Chopin, dont l’interprète au clavier fait une nuit fantastique, course effrénée et visions haletantes…). Le presque quasi contemporain de Richter (né un an avant Gilels en 1915, – et comme lui immense musicien), impose ici une impétuosité électrique incandescente dont la braise semble véritablement enflammer le clavier (urgence parfois panique de la Sonate n°3 opus 28 de Prokofiev). Le talent rude, au physique de bucheron, découvert alors par Arthur Rubinstein, se montre d’une éloquence véritablement hypnotique dans les 3 séquences de Debussy (Images I : Reflets, enchanteurs ; hommage à Rameau, énigmatique et « satien »). Miroirs de Ravel (Alborada del gracioso) envoûte par le même feu liquide très subtilement énoncé, d’une ciselure nerveuse aux scintillements et arrières plans dignes d’un orchestre (phénoménale architecture). Malgré la prise de son pas toujours très propre (2ème mouvement du Beethoven), l’acuité, l’assise, le feu poétique, la terrifiante agilité du pianiste s’impose à nous, plus de 50 ans après la réalisation du concert de Seattle. Certainement un témoignage majeur de la fièvre musicale du pianiste russe (né à Odessa, actuelle Ukraine, en 1916). On reste médusé par la nature des critiques américains et germaniques lui reprochant le côté provincial et maniéré de son jeu à la russe… même inexacte et maladroite la réserve finit par atteindre l’immense pianiste. Il ne faut qu’écouter la vie, l’appel à l’ivresse de la danse russe de Petrouchka pour mesurer la spontanéité miraculeuse du jeu de Gilels. Un géant assurément du piano au XXème. Réédition légitime. Pour son centenaire, Deutsche Grammophon devait bien souligner l’originalité puissante d’un interprète à bien des égards fascinant. Cet inédit rend hommage à son très grand talent. A écouter absolument. Simultanément à DG, Sony classical célèbre aussi le talent impressionnant de Gilels, en rééditant l’intégrale des enregistrements RCA et Columbia. Compte rendu critique à venir sur classiquenews.com . CD, compte rendu. Emil Gilels, piano : récital de Seattle 1964 : Beethoven, Chopin, Debussy, Prokofiev (1 cd Deutsche Grammophon) — Parution le 19 août 2016.

Resmusica.com

25 août

Musique de chambre et univers spatial au festival Musique & Nature en Bauges

Les Bauges. Du 9-VII-2016 au 21-VIII-2016. Saint Pierre d'Albigny. 17-VII-2016. Gustav Mahler (1860-1911) : Chant de la terre. Ludwig van Beethoven (1770-1827) : Sonate n°3 op.69. Kaija Saariaho (née en 1986) : Sept papillons pour violoncelle seul. Johannes Brahms (1833-1897) : Sonate n°2 op. 99. Henri Demarquette : violoncelle ; Jean-Frédéric Neuburger : piano ; Hubert Reeves : récitant. Gruffy. 10-VIII-2016. Richard Strauss. Gregorio Allegri. Gustav Mahler. Giorgy Ligeti. Henry Purcell. Samuel Barber. Sergueï Prokofiev. Compagnie La Tempête, direction : Simon-Pierre Bestion. Abel Rorbach : Electroacoustique.




La lettre du musicien (Comptes rendus)

23 août

Au Touquet, le piano fait des folies

Sur la Côte d’opale, Le Touquet-Paris-Plage accueille chaque année depuis huit ans un festival où le piano est roi, Les Pianos Folies. De l’édition 2016, foisonnante et jubilatoire, on retiendra nombre de moments forts.Remplaçant le pianiste chinois Muye Wu, la Bulgare Plamena Mangova a donné du Concerto de Grieg une leçon éblouissante de virtuosité habitée, culminant dans la cadence du premier mouvement, où elle fit admirer la diversité et la richesse de sa palette sonore. Dauphine d’Anna Vinnitskaia au concours Reine-Elisabeth 2007, sa sensibilité à fleur de peau émeut davantage que la sensualité débridée de son ancienne rivale, en symbiose parfaite avec le Chopin des Préludes, mais manquant de la simplicité nécessaire pour traduire l’univers des Scènes d’enfants de Schumann. Deuxième prix en 2013 du même concours, Rémi Geniet confirme sa jeune maturité et son affinité avec le Beethoven – des Sonates n°2 et 14 – tout en révolte contenu, préfigurant les audaces instrumentales du Prokofiev de la Huitième Sonate. Du “Chopin espagnol”, Granados, Guillaume Coppola restitue toute la poésie solaire et aristocratique par trois de ses Danses espagnoles et le virtuose Allegro de concert. Boris Berezovsky domestique son trop-plein d’énergie, déployé pour les Etudes d’exécution transcendante de Liszt, pour donner vie à l’animation colorée des Trois Mouvements de Petrouchka. Transcriptions toujours avec le duo Jatekok, Naïri Badal et Adélaïde Panaget, qui nous a proposé une mise à nu révélatrice des innovations harmoniques du Prélude à l’après-midi d’un faune de Debussy comme de la révolution rythmique du Sacre du printemps de Stravinsky. Dans l’esprit de rigueur de leur parrain spirituel, György Kurtag. David Kadouch évoque, avec une science consommée de la dynamique et de la couleur, les terreurs cachées dans les Waldszenen de Schumann avant l’implacable montée vers l’horreur du Gaspard de la nuit ravélien. Plus introspective peut-être, la version des mêmes Scènes de la forêt par Claire Désert, complétée par les Papillons et deux mélodies, Widmung et Frühlingsnacht, – miracles de transcriptions de Liszt –, brosse un portrait sans pathos des états d’âme schumanniens. On saluera enfin la production par la compagnie Opéra Côté chœur d’une Traviata de Verdi, dans une mise en scène intimiste de Bernard Jourdain, interprétée par de jeunes professionnels, issus pour la plupart de nos conservatoires supérieurs, à l’instar du chef d’orchestre Frédéric Rouillon et de la Violetta bouleversante de Dorothée Lorthiois. (13 au 21 août)



Carnets sur sol

10 août

Paradoxe maoïste : le colonialisme musical au service de la révolution culturelle

Je m'intéresse sans doute à ce qui ne me regarde pas, et assurément à des détails dérisoires, mais il est difficile, lorsqu'on se documente sur les pays d'idéologie (simili-)communiste et sur leur politique éducative et culturelle, sur leur communication et leur propagande, de ne pas s'interroger sur certains détails concernant la musique. [[]] Défilé militaire nord-coréen. 1. La musique et le pouvoir La musique est, par rapport aux arts textuels et visuels, en général un parent pauvre des milieux de pouvoir. Cela s'explique aisément : même à petite échelle chez un homme d'affaires, on peut citer un auteur pour appuyer un propos, s'abreuver de sophismes chez les philosophes, faire une opération de relations sociales en faisant mine de montrer des tableaux ; et, plus spécifiquement chez les hommes qui exercent le pouvoir politique dans des régimes autoritaires, passer des commandes qui exaltent, littéralement ou sous forme de paraboles et d'allégories, l'idéologie ou le culte de la personnalité. La musique, elle, n'exprime rien. À la rigueur des émotions, selon les conventions culturelles de chaque civilisation, mais pas un discours articulé comme peuvent le produire le langage ou la représentation visuelle. Un régime politique ne peut rien en tirer directement. Entendons-nous bien : je parle ici de la musique instrumentale, pas de l'opéra, des chansons ou même des oratorios, où la musique peut rendre redoutablement pénétrant le texte le plus bancal, chose dont ont usé et abusé tous les régimes – mais, ultimement, le message est celui du texte, amplifié par la musique, et non intrinsèquement porté par elle. 2. La musique soviétique, résolument élitiste J'ai déjà à l'occasion, au détour de notules consacrées à d'autres sujets, exprimé ma perplexité devant l'incompatibilité du projet soviétique, pourtant largement théorisé et organisé, de créer une musique populaire en refusant la forme… Plus encore, les œuvres que l'on entend (symphonies en plusieurs mouvements…) sont particulièrement formelles comparées aux œuvres contemporaines occidentales où la tonalité explose, où le genre devient de plus en plus libre et indéterminé. Et cela se trouve compensé par une complexification accrue des développements et des harmonies, extrêmement difficiles à suivre, même pour le mélomane aguerri – alors pour ce qui est de se mettre au service du prolétaire et concurrencer les productions décadentes de Bill Crosby, Connie Francis ou Doris Day, pas gagné. Khrennikov, le bon soldat et le mauvais voisin, est celui qui place le plus de réminiscences populaires, dans ses compositions, mais comme les autres, elles se caractérisent avant tout par des mélodies sinueuses et déceptives, impossibles à mémoriser ou à reproduire spontanément, et qui refusent de culminer dans des émotions franches, toujours poisseuses d'une façon ou d'une autre. Même dans de pures œuvres de commande comme L'Histoire d'un homme véritable, La Glace et l'Acier, Le Boulon ou Guerre et Paix, on trouvera difficilement de véritables hits accessibles (à part l'air de Koutouzov, je n'en vois pas trop, les choses les plus immédiatement agréables ressemblent au minimum à du ballet ou à de l'opéra ambitieux…). En somme, le projet soviétique de réalisme prolétaire aboutit à des œuvres musicales particulièrement abstraites, complexes et déprimantes. Ça peut intéresser le mélomane (même si je trouve personnellement la période futuriste tellement plus jubilatoire, et au moins aussi accessible), mais difficilement convertir les foules ingénues de travailleurs harassés. 3. La musique coloniale du juche Les principes sont différents et les paradoxes aussi puissants pour la musique maoïste. Voir une société tellement arc-boutée contre le modèle occidental utiliser uniquement des gammes de tempérament égal (très plates pour des oreilles habituées aux tiers et quarts de ton), dans les schémas harmoniques les plus éculés, pour servir à toutes les manifestations officielles, voilà qui laisse perplexe. Je vois bien l'intérêt de jeter l'héritage confucianiste pour asseoir le nouveau modèle, mais si c'est pour adopter la part la plus sommaire de l'impéralisme occidental ! Il en va de même, et de façon encore plus frappante pour la Corée du Nord (exemple en début de notule). Alors que le but proposé est celui de l'émancipation et de l'autosuffisance (juche sasang), et même de la réunification des deux Corée, avec une exaltation de la culture d'origine contrairement aux maoïstes (témoin les journaux télévisés présentés en habit traditionnel) comment expliquer que l'armée y parade sur les riffs occidentaux les plus pauvres, joués par des instruments importés par les cargaisons impérialistes ? Que la présentation universelle de la puissance du régime passe par des images où l'on entend des sous-versions anémiées de When Johnny Comes Marching Home, God Save the King ou Suoni la tromba , voilà qui me laisse toujours hautement circonspect. On parle d'un pouvoir qui pousse l'ambition totalisante de sa propagande jusqu'à commenter l'absence de déjections de son chef suprême. Et personne ne voit le problème de faire défiler les troupes qui exaltent l'indépendance et la fierté coréenne avec des instruments et des musiques issues de la part la moins raffinée de la colonisation. Je ne comprendrai jamais les dictateurs. Ils avaient Schreker , ils ont voulu Orff ; ils pouvaient choyer Chtcherbatchov , ils ont promu Prokofiev ; ils héritaient du Kunqu , ils ont voulu imiter Sousa . Comme si ça ne suffisait pas, ils sont méchants aussi.

Classiquenews.com - Articles

10 août

BESSIN. Festival d’Arromanches, jusqu’au 14 août 2016

BESSIN. Festival d’Arromanches : 7-14 août 2016. A Bayeux, Arromanches, Asnelles, les Fêtes musicales en Bessin invitent les mélomanes du 7 au 14 août 2016. Depuis 2009, le Festival d’Arromanches donne de la voix en Bessin. Après une année de silence, l’aventure reprend de plus belle, puisque le label et les artistes de Klarthe rejoignent l’équipe de production. Diversité, éclectisme, partage sont désormais les qualités emblématiques d’un festival fédérateur en Bessin, attestant localement d’une offre musicale particulièrement cohérente et généreuse. “Ensemble, soyons des veilleurs de curiosité, des agitateurs d’idées, des rêveurs de proximité où le public et les artistes peuvent échanger dans la simplicité et formons une fois de plus le vœu de rendre la musique VIVANTE ! Pour cela, 8 soirées pleines de surprises, de retrouvailles, de hit-parade, de rencontres…” ainsi s’exprime Nicolas André, directeur artistique de l’événement. Programmation grand public, éclectique… Parmi les artistes invités du Festival d’Arromanches 2016, ne manquez pas Thomas Fersen (l’Histoire du soldat à Bayeux), les chanteurs Gabrielle Philiponet, Anaïk Morel, Julien Behr, Frédéric Caton (Petite messe solennelle de Rossini, le 7 août à l’église d’Arromanches), ainsi que Michal Partyka et l’ensemble vocal Normand Diakhrôma (le 12 août à la cathédrale de Bayeux). Le Quatuor Vendôme (Victoires de la Musique 2016), ambassadeur de l’école de clarinette française (“Une soirée à l’opéra” le 11 août à l’église d’Arromanches), sans omettre l’ensemble Non pareilhe (créé à Arromanches, concert à Asnelles, le 9 août, 21h) et les Horizons chimériques ; la jeune violoncelliste Julie Sévilla-Fraysse (Concerto de Saint-Saëns), et surtout pour petits et grands, Pierre et le loup de Prokofiev réinventé par le Klarthe Quintet (Prix ARD, concert-rencontre, église d’Arromanches, le 13 août, 18h) ; enfin, l’Orchestre du Festival assure le volet symphonique au cours de ces 8 soirées de fête (dont accent majeur, la soirée de vertiges sacrés, dédiés aux Requiems de Duruflé et de Fauré, Cathédrale de Bayeux, le 12 août à 21h)… Renseignements, réservations : 02 31 22 36 45. Toutes les infos et les modalités de réservations sur le site du Festival d’Arrogances (Bessin), du 7 au 14 août 2016 http://www.festival-arromanches.com

Serge Prokofiev
(1891 – 1953)

Sergueï Sergueïevitch Prokofiev (23 avril 1891 - 5 mars 1953) est un compositeur russe de musique classique, un pianiste et un chef d'orchestre. Il est l'auteur de nombreuses œuvres musicales allant de la symphonie au concerto, de la musique de film à des opéras ou des ballets et a été reconnu de son vivant comme un artiste d'avant-garde très créatif. Élève au conservatoire de Saint-Pétersbourg, il remporta le prix Anton Rubinstein en tant que meilleur étudiant en piano. De 1918 à 1936, il passa de nombreuses années en dehors de son pays avant de se laisser convaincre de revenir en URSS où il fut à la fois honoré et persécuté. Il mourut le même jour que Staline.



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